Jérôme Ferrari

  • à son image

    Jérôme Ferrari

    Par une soirée d'août, Antonia trouve la mort dans un accident de voiture sur une route corse. L'office funèbre, célébré par son oncle et parrain, est l'occasion pour tous de se souvenir de l'adolescente qui se rêvait photographe, de la jeune femme amoureuse d'un militant nationaliste, de l'adulte en quête de sens et d'une vocation partie sur le front de l'ex-Yougoslavie. Ce somptueux roman en forme de requiem est aussi l'occasion d'évoquer le nationalisme corse, la violence des guerres modernes et les liens ambigus qu'entretiennent l'image, la photographie, le réel et la mort.

  • Empire dérisoire que se sont constitué ceux qui l'ont toujours habité comme ceux qui sont revenus y vivre, un petit village corse se voit ébranlé par les prémices de sa chute à travers quelques personnages qui, au prix de l'aveuglement ou de la corruption de leur âme, ont tout sacrifié à la tentation du réel, et qui, assujettis aux appétits de leurs corps ou à leurs rêves de bonheur ou d'héroïsme, souffrent de vouloir croire qu'il n'est qu'un seul monde possible.
    PRIX GONCOURT 2012

  • 1957. À Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre :
    Les victimes sont devenues bourreaux. Si Andreani assume pleinement ce nouveau statut, Degorce, dépossédé de lui-même, ne trouve l'apaisement qu'auprès de Tahar, commandant de l'ALN, retenu dans une cellule qui prend des allures de confessionnal où le geôlier se livre à son prisonnier.
    Sur une scène désolée, fouettée par le vent, le sable et le sang, dans l'humidité des caves algéroises où des bourreaux se rassemblent autour des corps nus, Jérôme Ferrari, à travers trois personnages réunis par les injonctions de l'Histoire dans une douleur qui n'a, pour aucun d'eux, ni le même visage ni le même langage, trace, par-delà le bien et le mal, un incandescent chemin d'écriture vers l'impossible vérité de l'homme dès lors que l'enfer s'invite sur terre.

  • Le principe

    Jérôme Ferrari

    Fasciné par la figure du physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976), fondateur de la mécanique quantique, inventeur du célèbre «principe d'incertitude» et prix Nobel de physique en 1932, un jeune aspirant philosophe désenchanté constate, à l'aube du XXIe siècle, l'incomplétude de sa propre existence. À travers ce double parcours, science et poésie révèlent la mystérieuse beauté du monde, que ne cesse de confisquer le matérialisme à l'oeuvre dans l'histoire des hommes.

  • Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu'investirent tant d'armées, sous des uniformes divers, après le 11 septembre 2001. De retour du checkpoint où la mort n'a pas voulu de lui, ce survivant dévasté est condamné à affronter parmi les siens une nouvelle forme d'exil. Il se met alors en demeure de retrouver la jeune fille de ses rêves d'adolescent, mais cette dernière semble avoir disparu sous les traits d'une jeune femme désormais vouée corps et âme à son entreprise.
    Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par la violence inouïe de l'horreur économique, cérémonie cruelle et profane qu'illumine l'ardente invocation d'un improbable salut, Un dieu un animal retentit des échos du chant bouleversant que fait entendre une humanité crucifiée sur l'autel de la dépossession.

  • De janvier à juillet 2016, à la demande du journal «La Croix», Jérôme Ferrari a accepté de se prêter au jeu de la chronique hebdomadaire. Abordant en 22 chapitres des sujets aussi divers que la déchéance de nationalité, le problème corse, la réforme de l'orthographe ou l'indigence rhétorique de nos responsables politiques, il donne à voir un certain état de la France au lendemain des attentats de 2015 et s'inquiète de la déconnexion de plus en plus grande entre les mots et la réalité.

  • Balco Atlantico

    Jérôme Ferrari

    Sur la place d'un village de Corse, Stéphane Campana, ardent nationaliste, connu de tous, vient de s'effondrer, fauché par deux balles tirées à bout portant. Sur son corps inanimé est venue se jeter Virginie, la jeune fille qui n'a cessé de vivre dans la vénération de cet homme que, tout enfant déjà, elle s'était choisi pour héros au point de s'abandonner, corps et âme, à ses plus étranges désirs.
    De l'engagement politique de celui qui baigne à présent dans son sang, le roman reconstitue alors la genèse erratique jusqu'au point, périlleux, où la trajectoire insulaire rencontre celle de deux jeunes Marocains - Khaled et sa soeur Hayet - échoués en Corse à la recherche d'un improbable monde meilleur, celui que, sur la corniche de leur ville natale, près de Tanger, faisait miroiter à leurs yeux l'inoubliable et merveilleuse promenade connue sous le nom de "Balco Atlantico".
    D'une rive à l'autre, entre les âpres routes de l'exil et l'esprit d'un lieu singulier, Jérôme Ferrari jette le pont d'un roman solaire, érigé dans une langue ouverte sur toutes les mers où, de naufrages en éblouissements, passé et avenir naviguent de concert dans le rêve des hommes.

  • Dans le secret

    Jérôme Ferrari

    Deux frères font en Corse, chacun à sa façon, l'expérience que les rêves ou la mémoire peuvent enfermer entre leurs murs ceux qui succombent à leurs toxiques sortilèges. Sur la filiation et le secret, le Mal et la mort, la rémanence du sacré et du profane, l'innocence et la faute, un roman baroque et philosophique, rebelle et douloureux.

  • Aleph zéro

    Jérôme Ferrari

    Un jeune professeur hanté par l'inanité de toute chose cherche dans les lois physiques et mathématiques une logique au chaos du monde auquel il menace de s'abandonner - à moins que l'amour soit un risque pire encore.

  • Sous l'égide de Nietzsche («La vie n'est qu'une variété de la mort, une variété fort rare.»), ce recueil de nouvelles publié en 2001 confrontait quelques existences à leur propre inanité désespérante. Douloureusement habité par la colère et le dégoût, Jérôme Ferrari n'avait pas encore trouvé l'apaisement par la compassion qui traverse Le Sermon sur la chute de Rome, mais il savait déjà que seule la littérature a une chance de sauver les hommes.

  • Dans ce texte écrit à quatre mains, Jérôme Ferrari et Oliver Rohe livrent une réflexion commune sur un thème essentiel de leurs oeuvres respectives : la représentation de la guerre.

  • Un contexto que durante mucho tiempo ha sido un tabú en la historia de Francia: la guerra de Argelia, y sus horrores.
    Con Donde dejé mi alma, Jérôme Ferrari (Premio Goncourt 2012) tiene la valentía de construir una novela en un contexto que durante mucho tiempo ha sido un tabú en la historia de Francia: la guerra de Argelia, donde la institucionalización de la tortura o de las ejecuciones sumarias fue un hecho. Lejos de ser una ficción meramente histórica Jérôme Ferrari lanza una luz despiadada sobre la maldición que condena a los hombres a ver cómo se hunden los mundos que construyen, implicándolos directamente en su fracaso. El punto de partida es la relación entre dos hombres de culturas distintas, el capitán Degorce y el jefe del ejército rebelde, Tarik Hadj Nacer, «Tahar». Degorce es un personaje complejo y contradictorio. A través del horror, llega a descubrirse tal y como es, y sufre por esa «verdad» deslumbradora. Por otro lado, el teniente Andreani no comprende la admiración de su capitán hacia quien, para él, no es más que un simple terrorista. Inmersos en un ambiente cuartelario, lejos de sus hogares, los personajes aceptan la violencia cuando para ellos se convierte en una necesidad.
    Descubren una obra que no es meramente histórica pero lanza una luz despiadada sobre la maldición que condena a los hombres a ver cómo se hunden los mundos que construyen, implicándolos directamente en su fracaso.
    FRAGMENTO
    -El tipo que he pescado esta mañana, mon capitaine, ha hablado. No es moco de pavo, creo.
    -¿Ha hablado? ¿Ya?
    -Sí, mon capitaine, no ha sido nada difícil, ¿sabe? Es un tipo fuerte, insondable, de manera que mandé que le pusieran delante de las narices el generador, los electrodos, todo el petate, le pedí a uno que se conectara para ver si todo funcionaba bien, trajimos un cubo de agua, esponjas, y le dije que viendo lo fuerte que era de nada nos serviría sacudirle, que estaba seguro de que era valiente y no iba a hablar, en fin ya ve el plan, y le dije que, como no nos gustaba perder el tiempo, había mandado traer también a su hijo más pequeño y que íbamos a ver juntos cómo soportaba el tratamiento de choque, el crío, e hicimos que entrase en la sala, solo me dio tiempo de decir: «Vamos a quitarte la camisa y el pantalón, campeón, como en la playa, que le vamos a enseñar una cosa a papá», y el tipo dijo que iba a hablar, y ya está, soltó la lengua sin problemas. ¡Casi hubo que mandarlo callar! Como una seda, mon capitaine.
    -Pues eso es, Moreau -dice el capitán-. Se está volviendo un as en psicología, ¿verdad? ¿Y entonces?
    ACERCA DEL AUTOR
    Prolífico escritor de origen corso. Galardonado con el Premio Goncourt 2012, Grand Prix Poncetton y Premio Roman France Télévisions, Jérôme Ferrari es uno de los escritores más interesantes del panorama literario actual. Actualmente reside en Abu Dabi, donde imparte clases de filosofía en un instituto. Como todo gran escritor, sus obras profundizan en la condición humana y plantean conflictos morales sin buscar referentes en los tópicos culturales o los clichés.

  • Dans ce texte écrit à quatre mains, Jérôme Ferrari et Oliver Rohe s'appuient sur une archive historique, constituée de plus de deux cents photos prises lors du conflit italo-ottoman en Libye (1911-1912) par un dénommé Gaston Chérau, écrivain et correspondant de guerre. Ces images surprenantes et terribles établissent une sorte de canon du reportage de guerre au Moyen-Orient et posent la très actuelle question de la représentation de la violence. En les regardant, en les commentant, en s'interrogeant sur la légitimité ou la nécessité de leur analyse, c'est aussi une réflexion commune sur leur propre art de romanciers que Ferrari et Rohe esquissent.

  • Saisir les secrets de la création pendant que le texte se compose, c'est peut-être là le rêve de tout jeune auteur. Dans ce grand entretien, l'objectif de Pascaline David est de lever le voile sur le travail d'écriture de Jérôme Ferrari et son univers romanesque. Dans un style parlé, laissé tel qu'il s'est élaboré lors de ce grand entretien, l'écrivain aborde des thèmes aussi variés que le rôle de l'enfance dans le déploiement de la vocation romanesque, la construction de personnages, la mise en oeuvre de la langue, l'élaboration du récit ou le travail de l'écriture proprement dit.

  • Sous le patronage du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
    Le théorème de Pythagore... La baignoire d'Archimède... La pomme d'Isaac Newton... Le duel d'Evariste Galois... Le rêve de Kékulé... Tantôt réduits à une équation, tantôt confinés dans la légende simplette que leur ont tricotée Gloire et Postérité, les grands génies sont à l'étroit dans nos imaginaires. Que reste-t-il de vivant chez ces nobles momies ?

    Et pourtant ! Comme vous, comme moi, ils eurent froid en hiver, coururent après leur chat, subirent les morsures de l'amour, du doute, des moustiques. Qui s'en souvient - ou qui le sait ?
    Le temps d'une nouvelle, avec rigueur ou fantaisie, redonnez des couleurs à l'un de ces géants d'hier - ou d'aujourd'hui ! - qui ont changé la science.

    Jury :
    Présidents : Jérôme Ferrari (romancier) et Étienne Klein (physicien), Françoise Balibar (historienne des sciences), Hugo Boris (romancier), Sylvie Fenczak [éditrice), Guillaume Lecointre (systématicien), Monique Legrand (IA-IPR lettres), Charles Torossian (IG mathématiques).

    Les nouvelles des lauréats : "Grand public", "Étudiants scientifiques", "Élèves du secondaire".

  • It is 1957, the savage Algerian War rages on. Captain André Degorce is reunited with Lieutenant Horace Andreani, with whom he experienced the horrors of combat and imprisonment in Vietnam. Captives now pass from Degorce's hands into Andreani's: one-time victims have become torturers. Andreani has fully embraced his new status, but Degorce has lost all sense of himself. He only finds peace when he is with Tahar, a commander in the National Liberation Army who is held in a cell that now acts as a confessional, the jailor opening up to his prisoner.

  • The mysterious disappearance of Hayet, the manageress of the village bar, presents a conundrum for its owner, who cannot face a return to the days of late nights, lewd customers and greasy dishwater. A succession of would-be hosts and hostesses descend, with disastrous results, before Matthieu and Libero, childhood friends disillusioned with their philosophical studies, return to take up the reins. Initially they are successful, but as lustful, avaricious reality rudely intrudes on their idyll, they too are forced to concede, their senses befuddled by easy women and plentiful liquor, that all empires must inevitably crumble. Meanwhile, Matthieu's grandfather Marcel, who funded their enterprise, perhaps out of spite, still lingers on the island, his memories of the collapse of France's colonial empire still as fresh and bitter as the cancerous ulcers that must one day claim his life. By turns wise, comic, dramatic, tragic and absurd, Ferrari's Goncourt-winning masterpiece reads like a Corsican One Hundred Years of Solitude, covering a century of intimate history with a dazzling, skewering precision even Flaubert would be proud to applaud.

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