Levesque

  • Le pavillon des miroirs

    Sergio Kokis

    « Je suis encore petit. Lili aime se frotter contre moi l'après-midi quand on fait la sieste. Elle ôte ses culottes qui sentent fort en disant que c'est parce que le bébé a fait pipi dessus. C'est bon et irritant à la fois ; je me laisse faire sans protester. Je la trouve jolie, ma petite tante, surtout lorsqu'elle ne se fâche pas, qu'elle soupire et me serre entre ses jambes moites. La chaleur de la chambre fermée et une fatigue étrange me poussent vers le sommeil. Ça sent le bébé qui dort, la sueur et les culottes de Lili. Lorsque je me réveille, qu'elle n'est plus là, je ne me souviens de rien. Seules les odeurs persistent, mélangées à celle de la moisissure qui envahit les murs. Le soleil frappe de biais les battants fermés des jalousies et tisse des raies brillantes de poussière dans la pénombre humide. Très forte envie de pisser. »

  • Max, jeune peintre prometteur, a toujours eu le goût du déguisement, de la simulation. Il va devenir faussaire presque par hasard et, pourrait-on dire, par admiration pour un peintre à la destinée romanesque. Dès lors s'enchaînent les tentations, du défi technique à l'argent facile qui, croit-il, lui donnera l'aisance nécessaire pour se consacrer à la recherche de son propre style. Mais le piège, luxueux et mortel, s'est déjà refermé sur lui Un merveilleux roman initiatique, où Sergio Kokis, qui ne se prive pas, au passage, d'égratigner les « marchands du temple » du monde de l'art, s'attache à définir la véritable mission de l'artiste : la recherche de la vérité.

  • Le dessinateur

    Sergio Kokis

    • Levesque
    • 15 Décembre 2020

    Oleg Boulatov, un peintre accusé de crime idéologique, est envoyé en Sibérie pour avoir « mal représenté » Staline. Il y passe six ans. De fil en aiguille, un des dirigeants du camp de travail le remarque et lui confie l'illustration de la flore locale. Or, à la mort de Staline, le camp est évacué, et Boutalov rentre à Moscou, certain qu'on a détruit ses tableaux. Mais est-ce vraiment le cas ? À l'instar de Magadan de Michel Solomon, Le Dessinateur raconte les horreurs du Goulag, en y ajoutant toutefois une question chère à son auteur : à qui appartient l'art ?

  • Par le biais d'une démonstration de type sémiologique, Michel Lord montre en quoi la poésie d'Anne Hébert ainsi que ses nouvelles, soit ses premières oeuvres, s'avèrent des précurseurs de l'univers narratif et symbolique de la grande romancière. L'ouvrage couvre les écrits initiaux d'Anne Hébert jusqu'à son roman Les fous de Bassan. L'essayiste ne cherche pas tant à inscrire Anne Hébert dans un courant sociologique, mais à décortiquer sa poétique, de même que ses figures et ses motifs obsédants.

  • Clara sans majuscule Nouv.

    Clara sans majuscule

    Danièle Simpson

    • Levesque
    • 15 Juillet 2021

    Clara est une mère de famille monoparentale qui en a assez d'assumer seule l'éducation de ses rejetons parfois attachants mais surtout exigeants et centrés sur eux-mêmes. Elle part donc pour Paris, sur les traces de son ex, d'abord pour se retrouver elle-même dans l'écriture, puis rappeler à l'ordre le père de ses enfants quant aux responsabilités qu'il a fuies plusieurs années auparavant.

  • Nulle part qu'en haut désir Nouv.

    Nulle part qu'en haut désir est une addition originale à la collection « Carnets d'écrivains » dirigée par Robert Lalonde. L'auteur y explore ce que représente pour lui la littérature. Il replace les notions de style et de beauté au coeur du discours littéraire dont elles sont des enjeux majeurs, mais il leur donne un nouveau souffle en les reliant à l'attention empathique que l'écrivain doit porter à la diversité des êtres, aux singularités humaines, à la modestie des choses et aux intensités du monde dans leurs nuances. Pour lui, l'écriture n'est pas qu'une question de technique, elle procède d'une vision qui devrait idéalement nous rendre plus sensibles, et donc meilleurs.

  • La revue XYZ renoue avec la tradition des nouvelles d'une page. L'expérience avait déjà été tentée avec succès à trois reprises, dans les numéros 11, 28 et 61. Pour cette récente mouture de micronouvelles, plus de cinquante auteurs ont répondu à l'appel dont Raymond Bock, Guillaume Corbeil, Louise Dupré, Hans-Jürgen Greif, William S. Messier, Suzanne Myre, Monique Proulx et Larry Tremblay, pour ne nommer qu'eux. Dans sa rubrique « Voies nouvelles », Hugues Corriveau signe son deuxième survol annuel des recueils québécois Par son caractère exhaustif, le panorama permet d'observer des tendances, heureuses ou malheureuses, et de mettre en valeur des livres réussis inexplicablement passés sous le radar.

  • Les rendez-vous manqués

    Croft Esther

    • Levesque
    • 12 Octobre 2010

    Aujourd'hui, c'est Valérie. Valérie Bordeleau qui lance son deuxième roman. À peine trente ans et son nom circule déjà plus souvent qu'à son tour dans la presse culturelle et la bouche des libraires. Son premier livre avait reçu une reconnaissance immédiate, il y a deux ans à peine. Dès sa parution, on avait parlé d'une voix singulière, étonnamment affirmée et d'une lucidité douce-amère qui sait ne rien vous épargner de la réalité. C'est tout ce que Mélissa peut en dire. Parce que ce livre-là, elle n'a pas pu le parcourir au delà du troisième paragraphe. Dès les premières lignes, elle a été secoué par la beauté de la langue, par la pure intensité de l'émotion. Tout lui paraissait juste. Trop juste. Et rapidement, elle s'était rendue compte qu'elle ne pourrait à la fois porter le poids des mots et celui de sa propre médiocrité.

    Esther Croft nous offre des moments de lecture inoubliables dans ce recueil de dix nouvelles où elle scrute l'âme des êtres humains. L'univers que Croft partage avec ses lecteurs n'est pas gentil, douillet, confortable : c'est celui de la blessure, celle que nous avons tous quelque part en nous-mêmes.

    Un regard percutant sur la réalité du monde, des relations humaines et, comme toujours, une écriture juste et épurée qui atteint toujours sa cible : le coeur.

  • La gare

    Kokis Sergio

    • Levesque
    • 22 Novembre 2010

    « Je me demande ce qu'un train comme le vôtre faisait là, et cela m'inquiète [...]. Mais avec les trains, des étrangers peuvent venir troubler notre paix à Voksal. [...] Je me suis trompé de place pour un petit moment, mais je sais que c'est passager. Une fois ressorti de ce trou, je serai toujours Adrian Traum, ingénieur dans l'usine de mon beau-père à S., et ce cauchemar aura cessé. Je ne penserai plus jamais aux pauvres culs-terreux de cette bourgade en ruine. [...] Une gare, dit le vieux, est un lieu de passage. [...] Sauf pour un cheminot comme moi, il ne viendrait à l'esprit de personne d'habiter une gare. Le cheminot lui-même y est de passage, puisque son travail est de voyager et de garder ouvertes les voies pour d'autres voyageurs. »

  • Le romanef

    Laurier Andree

    • Levesque
    • 22 Novembre 2010

    « Myriam B. Gers, femme nordique et complexe, vivrait bien après le début du vingtième siècle, mais pourtant, elle s'identifiait à ce siècle et crut, comme son beau visage le laissa deviner parfois, qu'elle était née à la mauvaise époque. Elle aurait dû avoir une centaine d'années de moins, selon son calcul. Elle vivait, en réalité, en l'an 2000, mais s'éveillait en 1900 bien des matins, le temps d'un poème. Le rapport que cette femme entretiendrait avec le temps et l'espace était particulier et un peu prophétique, car on commençait tout juste à admettre que le temps n'est pas forcément linéaire, et la théorie des cordes venait d'en montrer un modèle possible. Le temps, tissu cosmique fabriqué par l'Homme, avait ses plis et ses creux, et refusait de s'allonger gentiment comme un drap. On en voulut au temps, et personne n'eut envie de vieillir, au point de nier la mort comme réalité humaine - ou de l'éloigner le plus possible des sens, et donc de la vouloir invérifiable. » Un huis clos sur le paquebot l'Athenia, de l'Orient vers l'Occident, avec des personnages fascinants qui veulent refaire le monde. : Aglaia, qui promène son ennui sur les ponts ; Ness, qui cherche l'adoption (père et mère) ; Bouvard et Pécuchet, éternels figurants spécialistes de la recherche, et plusieurs autres sans oublier la correspondance de Charles-Emmanuel Gauterier qui cherche, lui, son ancêtre.



    Le tout raconté dans un style poétique propre à la romancière Andrée Laurier.

empty